C’est l’histoire d’Un joueur de poker…

Directeur général de Planète Interactive (une web agency) mais aussi grand fan de poker, Jean-Sébastien Hongre publie Un joueur de poker (éditions Anne Carrière), ouvrage disponible depuis ce jeudi. Le roman relate l’histoire d’un informaticien de 35 ans qui connaît la gloire par le biais du jeu de cartes venu du Texas.

Jean-Sébastien, comment est venue l’idée de ce livre?

J’écris des romans assez différents depuis 15 ans mais c’est à l’âge critique de 40 ans que j’ai décidé de sortir du bois. J’ai proposé un premier roman qui a été refusé, puis je me suis tourné vers Un joueur de poker. Si j’ai choisi cet univers, c’est que je le connais bien depuis de nombreuses années. Je trouve le thème du hasard très intéressant. En fait, c’est l’histoire d’un homme qui va changer sa vie en se découvrant un don inné pour le poker. Antoine part avec des boulets aux pieds, étant un peu dominé dans la vie, que ce soit dans son boulot ou par sa femme. Il va s’extraire pour se réaliser. C’est une quête de soi à l’arrache. Ce n’est pas un héros fort, ce qui le rend d’autant plus attachant, notamment au regard des femmes. Parallèlement à cette volonté de réussite, il y a le hasard qui entre en jeu. Ce hasard qui peut faire basculer nos destins. Le poker va lui permettre de s’émanciper, alors qu’on en parle souvent comme un facteur d’addiction. Mais ce qui risque de le perdre, c’est l’addiction à la réussite. On peut contrôler le jeu par les statistiques et la psychologie, mais peut intervenir subitement le bad beat (coup perdu alors que l’on est grand favori). On se croit le plus beau du monde et la dernière carte nous tue.

A quel public le roman est-il destiné?

Ce n’est pas un livre technique. C’est plutôt psychologique. Les joueurs retrouveront les rapports de forces qu’il peut y avoir autour d’une table. Le roman raconte le destin d’un joueur, qui découvre l’ACF (Aviation Club de France sur les Champs-Elysées) puis Las Vegas. Le décor, c’est le poker, mais il est vraiment accessible à tous. Mes premiers lecteurs qui ne connaissent pas le jeu n’ont pas été embêtés dans la compréhension. Et puis le connaisseur va voir que j’ai fait des petits clins d’oeil à droite à gauche dans la 2e partie du livre.

« Tout le temps des rapports de forces »

Lionel Rosso a sorti il y a quelques mois Life is poker. Un joueur de poker en est son alter ego en roman…

Exactement. A une table de poker, il se passe beaucoup de choses, notamment une grosse bagarre entre la volonté et le hasard. L’histoire d’Antoine, c’est qu’à 35 ans, il n’arrive pas à émerger au travail et à la maison. Avec le poker, il met toute sa volonté pour tendre vers la réussite, ce qui va l’amener très loin. D’ailleurs, quand il se dispute avec sa femme, qui le pousse paradoxalement à jouer, j’utilise volontairement des termes de jeu. Dans la vie, il y a tout le temps des rapports de forces. On est toujours à une table, que ce soit en duel ou avec d’autres joueurs. Dernièrement, j’ai fait un article pour le journal de mon ancienne école et je faisais un comparatif entre poker-business. Un joueur de poker peut avoir un avantage dans les affaires ou encore lors d’un entretien d’embauche pendant la négociation de son salaire. Il va bluffer ou relancer…

Le héros va dépasser les limites. Il y a-t-il un message de prudence?

Sans dévoiler la fin, le héros va aller très loin. Il sera extrême dans l’addiction à la réussite, en montant très haut dans ce qu’il croit être la réussite. De nos joueurs, les canons de la réussite sont placés très hauts: il faut avoir la plus belle femme, la plus belle voiture et accessoirement passer à la télé. Cela crée des millions de frustrés.

Est-ce un peu autobiographique?

Ça n’a rien à voir! Je suis vraiment à 2 000 km du héros. On se sert toujours de son expérience, mais ce n’est pas une personne que j’aurais aimé être. J’ai beaucoup d’affection pour le personnage. C’est quelqu’un peu balloté, qui essaie d’atteindre son but. Il pense qu’il aurait pu passer à côté de lui-même. A-t-il réussi sa vie ou non? Je ne tranche pas sur la question à la fin du livre. En fait, cela pourrait être un très bon ami. Un auteur va toujours chercher de la matière et composer avec, parfois en extrapolant. Il y a 15 ans, j’étais très autobiographique. Aujourd’hui, j’arrive à construire une dramaturgie en allant chercher dans mes souvenirs ou par simple imagination.

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